On vous en parlait déjà dans cet article, la cloche électrique d'Oxford, également appelée Clarendon Dry Pile, est l'un des phénomènes scientifiques les plus fascinants et controversés de notre époque. Installée au laboratoire Clarendon de l'université d'Oxford depuis 1840, elle continue de susciter l'admiration et le scepticisme près de deux siècles après sa mise en service. Le système se compose de deux cloches en laiton positionnées sous des piles sèches connectées en série. Un pendule métallique de 4 millimètres de diamètre oscille entre ces cloches et produit le carillon par force électrostatique. Le mécanisme repose sur un principe simple : lorsque le pendule touche une cloche, il se charge électriquement, est repoussé par celle-ci et attiré vers l'autre cloche, créant ainsi un mouvement perpétuel.
Cette cloche électrique a été fabriquée par Watkins and Hill, des fabricants londoniens d'instruments scientifiques. Il fut acquis par le révérend Robert Walker, professeur de physique à Oxford, qui inscrivit de sa main « Set up in 1840 » sur une étiquette qui accompagne encore aujourd'hui l'appareil. Cependant, certaines preuves suggèrent que sa construction pourrait dater de 1825, soit quinze ans plus tôt. La composition exacte des piles reste officiellement inconnue, car les scientifiques refusent d'ouvrir le dispositif. La théorie la plus probable suggère toutefois qu'il s'agit de piles Zamboni, inventées par Giuseppe Zamboni en 1812. Ces batteries sont constituées d'environ 2 000 paires de disques de feuille d'étain collés sur du papier imprégné de sulfate de zinc, puis recouverts de dioxyde de manganèse.
Cette grande longévité soulève également de nombreuses controverses. Si les piles Zamboni peuvent effectivement générer des tensions de plusieurs kilovolts tout en ne délivrant que des nanoampères de courant, certains scientifiques doutent de cette invention et émettent même l'hypothèse que la cloche électrique serait secrètement branchée au réseau. Cette caractéristique haute tension/faible courant permet pourtant théoriquement un fonctionnement de très longue durée. Des versions modernes de ces piles sont d'ailleurs encore fabriquées dans les années 1980 pour des applications militaires spécialisées. Le principal obstacle à une vérification scientifique réside dans le refus d'ouvrir le dispositif. Cette position, bien que compréhensible du point de vue de la préservation historique, empêche une analyse définitive de la composition et du fonctionnement réel du système. Est-ce vraiment pour préserver le dispositif ou pour cacher un secret inavouable ? Toutes les théories sont possibles ; nous avons choisi d'être optimistes et d'y croire !
