Le réseau hydroélectrique norvégien pourrait transformer la Norvège en véritable batterie verte de l'Europe. Pour Kaspar Vereide, chercheur au Département Ingénierie Hydraulique et Environnementale de l'Université norvégienne de sciences et de technologie, la solution est à chercher du côté de l'optimisation des infrastructures existantes.
Le laboratoire au sein duquel officie Kaspar Vereide accueille un modèle unique de canal avec chambre d'équilibre sur coussin d'air. Cette copie conforme, à l'échelle 1:65, de la centrale hydroélectrique de Torpa pourrait bien permettre à la Norvège de devenir la « batterie verte » de l'Europe, en exploitant à bon escient l'excédent d'énergie issu de l'éolien et du solaire produit sur et en dehors du territoire.
Les travaux du jeune chercheur norvégien, qui portent sur l'élaboration de nouveaux modèles de centrales hydroélectriques, l'ont amené à réfléchir à l'optimisation des chambres d'équilibre sur coussin d'air, situées en amont de la centrale. La chambre d'équilibre possède un rôle prépondérant dans la régulation du réseau de production hydroélectrique. Elle permet de stocker l'eau dans un réservoir en cas de débit excédentaire. Le stock est alors disponible dès que le débit devient insuffisant et peut immédiatement être envoyé vers les turbines.
Les montagnes norvégiennes abritent plus de kilomètres de tunnels parcourus par les eaux que de tunnels routiers, selon le chercheur. Une réalité géographique qui offre de nombreuses opportunités à la Norvège dont les capacités de stockage hydroélectrique nationales pèsent déjà pour moitié dans les capacités de stockage de l’Europe.
Cela ne semble pourtant pas suffire à Kaspar Vereide qui envisage de nouveaux axes de développement pour le réseau hydroélectrique de son pays. Le chercheur voudrait ainsi profiter du surplus d'électricité issu des énergies renouvelables des réseaux européens pour donner davantage de souplesse à la production hydroélectrique. Le surplus d'électricité issu de l'éolien et du solaire permettrait ainsi d'activer les pompes à eau des chambres d'équilibre situées en hauteur. En retour, il suffirait de libérer l'eau stockée dans le réservoir pour prévenir toute insuffisance de production sur le réseau.
Reste la question du coût pour un chantier de cette envergure. Kaspar Vereide estime que les travaux sur les infrastructures déjà existantes pourraient coûter 6 milliards d'euros. Un investissement important qui devrait néanmoins en valoir largement le coût.
