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Lithium : une ressource centrale au coeur des spéculations

Lithium : une ressource centrale au coeur des spéculations

Illustration : hecke61/Shutterstock.com

Indispensable à la fabrication des batteries qui alimentent nos smartphones, mais aussi utilisé par l’industrie des véhicules électriques, le lithium est devenu l’un des métaux les plus convoités de la planète. Cette ressource, que l’on surnomme “or blanc”, fait l’objet de nombreuses spéculations.

Métal alcalin majoritairement utilisé pour la fabrication de batteries, que celles-ci soient destinées aux terminaux mobiles ou à l’industrie automobile, le lithium est une ressource également utilisée dans la fabrication de lubrifiants et d’alliages pour les industries du nucléaire, de la métallurgie, des thermoplastiques ou de la chimie fine. Extrait de roches, le lithium est naturellement présent dans différents coins du monde, notamment au Chili, en Australie, en Argentine, en Chine et aux États-Unis. Il existe même des réserves de lithium sur le territoire français, mais leur exploitation, dont l’impact écologique est loin d’être négligeable, fait encore l’objet de nombreux débats. Au global, on estime qu’il existerait entre 22 et 89 millions de tonnes de lithium sur la planète, selon les sources consultées.

Récemment, le cours du lithium a connu une augmentation sans précédent, passant de moins de 10 000 € à plus de 80 000 € la tonne de carbonate de lithium. Cette flambée particulièrement impressionnante, que certains experts associent à une bulle spéculative, aurait été causée par des projections exagérée sur la multiplication de la demande. Cependant, à la différence des terres rares, le lithium est disponible en abondance, même si les infrastructures permettant son extraction et son raffinage peuvent manquer et ainsi provoquer une certaine rareté temporaire. Ce type de phénomène peut alors engendrer une hausse modérée des prix du matériau et de nouveaux investissements, suivi d’un ajustement.

Mais pourquoi une telle explosion des prix ? Car les spécialistes s’attendent à ce que le Chili et l’Australie, qui représentent deux tiers de la production mondiale, n’aient pas la capacité de répondre à une demande aussi forte. D’aucuns considèrent que l’ajustement difficile de ces deux pays producteurs est volontaire (pour tirer profit de la situation) ou résulte d'une contrainte politique. Dans tous les cas, les experts pensent que cette situation d’hyperspéculation insensée devrait rapidement prendre fin.